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Accueil individuel : cette catastrophe silencieuse qui nous guette


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Le modèle de l'accueil individuel par les assistantes maternelles est à la croisée des chemins. Alors que l'on sait que plus d'un tiers d'entre elles partiront à la retraite dans les cinq prochaines années, une véritable crise se profile. Cette catastrophe annoncée pour les familles et pour notre société est le symptôme d'un mal plus profond : l'invisibilisation persistante de cette profession.


Un modèle d'avenir… que nous sommes en train de laisser filer

Pendant des décennies, nous avons eu sous le nez un modèle d'accueil précieux – l'accueil à domicile – sans jamais vraiment le structurer, le penser socialement, ni le reconnaître à sa juste valeur professionnelle et intellectuelle. Nous avons cantonné ce métier essentiel à une forme d'artisanat invisible, fonctionnant sur un système de débrouille et de vocation personnelle, sans voir qu'il s'agissait en réalité d'un joyau aux multiples facettes. La preuve de cette valeur ? Aujourd'hui, sous nos yeux, d'autres pays qui nous observaient commencent à se tourner vers l'accueil individuel comme une solution pertinente, vantant ses mérites : la souplesse incomparable de son organisation, le cadre personnalisé et sécurisant qu'il offre au jeune enfant, et sa capacité unique à s'adapter aux rythmes de chaque famille.

Et comme souvent dans notre pays, en ne protégeant pas ce que nous avons de plus intéressant, nous le laissons dépérir par manque de vision politique et de reconnaissance collective. Cette incurie est d'une profonde ironie : au moment où le monde découvre les vertus de notre modèle, nous, nous assistons, impuissants, à son lent délitement. Laisser filer ce maillage essentiel de professionnelles sans agir revient à saborder volontairement un pilier de la conciliation vie professionnelle/vie personnelle pour des millions de familles, et à hypothéquer, par négligence, l'avenir de notre système d'accueil du jeune enfant.


Les RPE et la mesure de la qualité : sauver et valoriser le modèle

Dans ce contexte, les Relais Petite Enfance (RPE) ne sont plus un simple "plus". Ils sont une bouée de sauvetage. Face à l'isolement et à l'invisibilité, ils sont souvent le seul lieu qui offre une reconnaissance, un ancrage territorial et un soutien concret. Leur rôle est désormais stratégique.

Mais il faut le dire : réduire le nombre de RPE serait une erreur dramatique. Car ce sont eux qui maintiennent le lien entre les professionnelles, les familles et les territoires. Sans eux, beaucoup d’assistantes maternelles travailleraient dans un isolement complet, et notre société perdrait une partie de sa richesse humaine.


Un isolement paradoxal et une reconnaissance à revoir

Ce métier, qui souffre structurellement d'isolement et parfois même d'une profonde solitude - comble pour une profession si relationnelle - a cruellement besoin d'espaces dédiés. Les Relais Petite Enfance incarnent justement ces lieux indispensables où les professionnelles peuvent enfin se retrouver, échanger sur leurs pratiques, partager leurs questionnements... Toutes ces activités qui constituent le quotidien du développement professionnel dans tant d'autres métiers, mais qui restent si difficiles d'accès pour les assistantes maternelles.

Or, la tendance actuelle n'est malheureusement pas au renforcement de ces structures, mais bien à leur réduction, voire à leur disparition pure et simple dans certains territoires. Cette orientation est doublement aberrante : non seulement elle prive les professionnelles de leur seul espace de respiration collective, mais elle constitue également une forme de mépris institutionnel qui frôle la maltraitance professionnelle. Comment pouvons-nous, d'une main, exiger toujours plus de professionnalisation, et de l'autre, supprimer les rares outils qui permettent concrètement cette élévation des pratiques ?



Des lueurs d'espoir à l'horizon

Au cœur de ce paysage préoccupant émergent cependant de réelles raisons d'espérer. En effet, la filière petite enfance dans son ensemble travaille d'arrache-pied à l'amélioration continue des conditions d'accueil. Une dynamique constructive se met en place pour trouver des solutions pérennes afin de maintenir et valoriser ce mode d'accueil qui présente des atouts uniques, bon nombre d'entre nous, pense que cet accueil pourrait constituer le cadre optimal pour l'épanouissement des enfants entre 3 mois et 18 mois.


La loi "Plein emploi", en préconisant un travail approfondi sur l'évaluation et la mesure de la qualité, ouvre une voie prometteuse. Elle encourage chaque professionnelle à s'engager dans une démarche réflexive sur sa propre pratique, transformant une obligation réglementaire en opportunité de progression. Cette orientation vers l'auto-évaluation structurée représente une avancée significative : elle permet non seulement d'améliorer concrètement l'accueil des enfants, mais aussi de valoriser l'expertise des assistantes maternelles, créant ainsi un bénéfice partagé pour l'ensemble de la filière.


L'impact d'une démarche qualitative : rendre visible l'invisible


La loi "Plein emploi" et l'obligation de mesurer la qualité de son accueil, que l'on soit en structure collective ou individuelle, pourraient être vécues comme une contrainte. Mais, si elles sont bien accompagnées, elles sont une opportunité historique de sortir définitivement l'accueil individuel de l'ombre.

Mesurer son accueil, ce n'est pas se soumettre à un contrôle. C'est, au contraire, s'outiller pour prouver et améliorer son expertise. C'est un acte de professionnalisme qui donne des arguments face aux parents et aux institutions. C'est le moyen de documenter la richesse et la complexité de ce métier, et de cesser de le considérer comme un "garde d'enfant" informel.

Lorsqu'une assistante maternelle s'engage dans une démarche d'évaluation, les bénéfices sont immédiats et contribuent à rehausser l'image de toute la profession :

  • Pour l'enfant et les parents : C'est la garantie d'un accueil réfléchi, sécurisant et stimulant. Cette transparence renforce la confiance et transforme la relation en un vrai partenariat.

  • Pour la professionnelle elle-même : Elle reprend le pouvoir sur sa pratique. En objectivant ses compétences, elle gagne en confiance et en légitimité. Elle n'est plus "juste" une garde à domicile, mais une spécialiste de la petite enfance qui peut expliquer et valoriser son travail. Elle rompt son isolement intellectuel et professionnel.


Et Sajesses dans tout cela ?


Sajesses s’inscrit dans cette volonté de penser l’accueil individuel autrement. En créant des outils de mesure, d’observation et d’auto-diagnostic, Sajesses ne cherche pas à faire des contrôles, bien au contraire, mais à donner aux professionnelles les moyens de se comprendre, de se situer, et de faire évoluer leurs pratiques.

Ces outils sont aussi des supports d’échange entre les assistantes maternelles et les RPE : des repères communs pour parler de qualité, de bien-être, de posture professionnelle. Parce que la qualité de l’accueil n’est pas une abstraction : c’est une réalité quotidienne, humaine, relationnelle, qui mérite enfin d’être reconnue, pensée et soutenue.


Les assistantes maternelles et les RPE manquaient cruellement d'outils adaptés à la réalité de l'accueil individuel pour mener à bien cette évaluation.


C'est pour combler ce vide que Sajesse a créé ses outils d'auto-diagnostic. Conçus comme des boussoles, ils permettent de mesurer concrètement trois piliers de l'accueil :

  1. L'environnement et l'organisation de l'accueil.

  2. Le bien-être et le développement de l'enfant.

  3. Les postures professionnelles et la relation avec les parents.


Le résultat est un scoring qui offre une photographie immédiate de sa pratique. Surtout, il permet d'échanger entre collègues lors des temps en RPE et construire ensemble une vision plus forte et plus unie de leur métier.


Il est temps de cesser de considérer les Relais Petite Enfance comme une option et de les voir comme la colonne vertébrale qui peut sauver et transformer l'accueil individuel. En les soutenant et en leur donnant les moyens d'accompagner les professionnelles avec des outils comme les nôtres, nous choisissons de valoriser un modèle unique dont notre société a un besoin absolu. Agissons pour qu'il ne soit pas trop tard.


Partagez cet article pour faire connaître la valeur de l'accueil individuel ! Et vous, comment vivez-vous cette nécessaire évolution du métier ?


Pour en savoir plus : www.sajesses.com

 


 
 
 

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